8ème Rallye Sizaire – Récit

COMPTE-RENDU DU

Villard-de-Lans, 23-24 septembre 2017

Après la Provence en 2013, après la Champagne en 2015, le Rallye Sizaire a pris de la hauteur pour se hisser sur le plateau du Vercors, en Dauphiné. Un des arrière-petits-fils de Maurice Sizaire, Emmanuel qui y réside, a voulu, pour célébrer ses 50 ans, nous faire partager les remarquables sites et merveilles que présente son environnement quotidien : pari gagné, ce fut encore un bien agréable rassemblement !

Villard-de-Lans

C’est dans cette vieille station d’altitude que nous avions rendez-vous dès le vendredi après-midi, au Grand Hôtel de Paris, un superbe établissement assorti avec nos voitures : l’édifice d’origine est légèrement antérieur à nos Sizaire & Naudin (autour de 1900) et l’extension date des années 1925, l’âge de nos Sizaire Frères : elles ne se sentent pas dépaysées !

Le torpédo-sport Sizaire Frères 4 RI 1925 des arrières-petits-fils provençaux de Maurice Sizaire arrive le premier, une fois n’est pas coutume ! Il est suivi de la Sizaire & Naudin type 4 G 1911 de leur oncle dont les derniers essais parisiens ont été particulièrement prometteurs… Il faut préciser que quelques améliorations ont été apportées dernièrement, notamment du côté du carburateur et de son dispositif anti-givre !
Mais la plus belle surprise est l’arrivée de Heinz & Margret venant de Berne avec leur rutilant cabriolet-spider Sizaire Frères 4 RI 1928 remis en service. Ils avaient annoncé leur participation mais, petits cachotiers, n’avaient pas précisé avec quelle voiture…

Forfaits en série…

Ce seront là, malheureusement, les 3 seules Sizaire du plateau : un petit plateau cette année, et aucune nouveauté, ni découverte ! Nous ne battrons pas, pour cette édition, le record de 10 Sizaire présentes à La Ferté-Alais il y a 10 ans ! Plusieurs fidèles du Rallye manquent à l’appel :
Du côté des Sizaire & Naudin, la mono anglaise de Tom & Jenny devait être remplacée cette année par un superbe Tourer Bentley 3 l, 4 cylindres de 1925, une rude concurrente pour nos Sizaire Frères 4 RI, avec leur modeste 2 l !

Un problème de santé les a contraints à renoncer. Nous leur souhaitons d’être bien rétablis maintenant.
Les équipes de Toulouse et de Castelnaudary sont toujours désespérément défaillantes. Peut-être faudra-t’il songer à relocaliser un prochain Rallye dans le Sud-ouest ?
La mono de Marc se trouvait sur la Côte, un peu loin du Vercors…

Il a pu la présenter au Concours de Saint-Jean-Cap-Ferrat où elle a connu un vif succès.
Enfin, notre ami Philippe, le Francilien, n’était pas non plus en position de nous rejoindre avec sa performante monocylindre.
Les Sizaire Frères ont également été atteintes : nos amis Anglais, Roger & José sont venus en Clio, la remise en état du moteur de la 4 RI, après un incident majeur (piston décalotté !) n’étant pas encore terminée.

Jean a dû renoncer à nous amener, depuis les Charentes, sa conduite intérieure 4 RI, très certainement carrossée par Gallé.

De même Annie & Robert n’ont pas pu venir depuis Cambrais avec leur 4 SK à moteur Hotchkiss maintenant remise en route.

Ces 3 belles Sizaire Frères avaient participé à notre précédent Rallye en Champagne et nous espérons bien les revoir lors de nos prochaines éditions.
Enfin, un superbe torpédo-ponté Sizaire Frères par Letourneur & Marchand, récemment sortie de l’ombre, n’était malheureusement pas bienvenu, compte tenu de l’attitude navrante de son propriétaire lyonnais !

Et les Classiques

Du côté des participants en voitures classiques, Francis, de Bruxelles, s’est résolu à se séparer de son Runabout Sizaire & Naudin 1908. C’est un fidèle parmi les fidèles qui a participé à tous les Rallyes Sizaire, depuis le 1er, à l’organisation duquel il avait pris une part déterminante.

Il nous a rejoint, cette année, avec son performant coupé MGB-GT LHD de 1973, entrainé par le « modeste » moteur V8 de 3,5 l du Range-Rover : des chevaux sous le capot, de quoi doubler dans les gorges de la Bourne !

Autres fidèles, Jacques et Marie-Claude sont revenus depuis Clermont-Ferrand avec le cabriolet 403 Peugeot de 1960, toujours pimpant avec ses 57 ans. Nous allons bientôt célébrer son soixantenaire…

Enfin, Christian nous a fait le plaisir d’amener, depuis le Loiret, son cabriolet Mercedes 200 ; autre concurrent sérieux pour nos 4 RI, avec son moteur à 4 cylindres de 2 l, mais, quand même, leur cadette de 10 ans : ça compte !

Tous dans la grotte

La première excursion nous conduit, samedi matin, à la Grotte de Choranche. Il fait un temps superbe. Ce n’est qu’à une vingtaine de km de Villard, et les rampes sont modérées (la route a été tracée pour assurer le transport par camion des grumes de bois) mais l’itinéraire emprunte la fameuse route des gorges de la Bourne : un spectacle impressionnant mais la prudence nous recommande de laisser les Sizaire au garage de l’hôtel. La situation, notamment en cas d’incident mécanique, pourrait devenir périlleuse.

Seules les classiques feront le déplacement, y compris la Mercedes de 1935, dans laquelle j’ai été admis comme passager, cheveux au vent (?)… Nous visitons la grotte et découvrons un spectacle féérique : la nature à l’état pur, seulement mise en scène par une présentation intelligente.

De retour au jour, nous déjeunons sur place face à un panorama à couper le souffle, mais pas l’appétit !

Puis nous reprenons la même route pour le retour, le coup d’œil étant, naturellement, très différent dans l’autre sens, et à une heure différente de la journée.

 

La boucle d’Autrans

 

Nous mettons les anciennes en route l’après-midi pour faire une belle boucle d’une trentaine de kilomètres dans la vallée d’Autrans, célèbre pour ses pistes de ski de fond et son tremplin olympique, construit pour les Jeux de Grenoble en 1968 (bientôt 50 ans !). Mais la neige n’était pas encore au rendez-vous. L’itinéraire emprunte les gorges du Méaudret ; rien à voir avec la Bourne : c’est beaucoup plus tranquille !

Nous traversons Méaudres ; à ce point, une petite imperfection du road-book conduit une partie des concurrents à emprunter la boucle dans le sens horaire, l’autre en sens inverse ; de sorte qu’à proximité d’Autrans nous nous retrouvons face à face. Rencontre sympathique et inattendue ! Tout se passe néanmoins pour le mieux puisque nous repartons tous ensemble… Et les mécaniques tiennent bon : aucun incident à déplorer jusqu’au retour au camp de base.

Dîner de gala et réunion Club

Au cours de l’apéritif servi dans les salons du Grand Hôtel de Paris, Jean-Louis, l’ainé des petit-fils de Maurice Sizaire retrace, à destination des jeunes générations présentes, les débuts de la vocation et de la carrière du constructeur : les enfants sont fascinés !

Un excellent dîner nous attend ensuite dans la grande salle à manger de l’hôtel… Comme à la grande époque ! Nous apprécions les spécialités régionales, arrosées de quelques bonnes bouteilles de Bourgogne.

A la fin du repas, c’est le moment d’échanger les nouvelles des voitures Sizaire et des amateurs de ces marques :

Deux tristes nouvelles doivent être annoncées : tout d’abord le décès en juillet 2016 de Daniel Mélano d’Antibes, à l’issue d’une courte maladie ; il avait repris la Sizaire & Naudin mono de son frère Guy, après son décès, et en avait terminé la restauration.

Guy nous avait présenté sa voiture lors du « Rallye du Centenaire » en 2003 ; Daniel avait par la suite participé à la Farandole des Ancêtres.

C’est ensuite, en août 2016, notre frère Jean-Claude, le 2ème des petits-fils de Maurice Sizaire qui nous a quitté ; déjà malade en 2015, il n’avait pas pu participer au Rallye de Champagne.

On apprend qu’une Sizaire & Naudin est à vendre à Bruxelles. Elle avait également participé, en statique, au « Rallye du Centenaire ». Une belle restauration a, semble-t’il, été menée à bien. Aucune nouvelle en revanche de la Sizaire Frères, conduite intérieure Gallé (?), qui était en vente il y a 2 ans.

On évoque aussi notre 9ème Rallye pour d’ores et déjà en retenir la date : le week-end des 28-29 septembre 2019.

Le lieu et le programme restent à définir.

Avez-vous quelque proposition à faire ?

Tous au haras

La première étape de ce dimanche matin nous fait faire une boucle d’un peu plus de 30 kilomètres en direction de Lans-en-Vercors. Nous bénéficions toujours d’un temps superbe, bien que frais ce matin ! Nous en profitons, avant le départ, pour prendre quelques photos de nos anciennes devant le cadre historique où nous résidons.

La première partie se fait par l’ancienne route de Lans : l’itinéraire nous permet d’apprécier cette belle vallée où voisinent prairies et forêts. Sans doute ralentie dans une côte par la Sizaire & Naudin, une des 4 RI a quelque difficulté à la monter : peut-être un problème de réglage d’avance? Qu’à cela ne tienne, elle finit par arriver au haras.

Spécialisé dans l’élevage des juments, le Haras du Vercors se développe dans les produits cosmétiques issus du lait de jument, dont les propriétés sont très appréciées de tous, et… de toutes ! Une visite commentée de toutes les phases du processus recueille l’intérêt de tous les participants.

Rendez-vous au Golf

Nous poursuivons notre route jusqu’au village de Lans-en-Vercors que nous traversons avant de reprendre la route de Villard. Nous prenons ensuite la direction du Golf de Corrençon où nous sommes attendus au restaurant des Hauts Plateaux. Nous profitons de ce merveilleux site, toujours sous un ciel radieux. Nous pouvons présenter, bien alignées, nos anciennes dont les carrosseries brillent au soleil ; elles attirent la curiosité et l’intérêt du très nombreux public présent sur le site.

A l’issue du repas, nous remettons quelques récompenses aux valeureux participants : les Vins des Coteaux d’Aix-en-Provence sont lesseuls partenaires qui nous ont soutenus dans cette aventure : un grand merci ! Les Mugs à l’effigie du Rallye et les Magnets Sizaire & Naudin, de même que les petits « marque-place » personnalisés en bois pyrogravés préparés par Nicolas et Marine, sont également appréciés de tous…

Nous prenons le café au soleil sur le green puis nous regagnons Villard et l’hôtel après cette dernière boucle d’une quinzaine de kilomètres.

Au total, nos Sizaire auront parcouru près de 80 kilomètres sur le plateau ; parcours sans doute modeste pour les 4 RI, mais belle performance pour la Sizaire & Naudin, d’autant que les mécaniques se sont révélées exemplaires et qu’aucun incident mécanique (ou autre…) n’a été à déplorer ; il faut croire que nous commençons à les avoir bien en mains !

Puis ce sont les premiers départs, à regret…

 

 

Souvenirs des Maquis du Vercors

Certains participants avaient pu réserver une dernière nuit à l’hôtel. Cela a permis de prendre un ultime repas ensemble, où les commentaires sont allés bon train…

Nous avons également, avant de nous quitter, évoqué les dramatiques évènements qui se sont déroulés dans le Vercors vers la fin de la seconde guerre mondiale. Compte tenu de la géographie des lieux, l’accès des sites n’était pas envisageable avec nos anciennes pour l’inclure dans notre itinéraire. Mais, sur la route du retour, nous avons visité ensemble l’émouvante Nécropole de Saint-Nizier du Moucherotte. D’autres sont passés par le Mémorial de la Résistance à Vassieux-en-Vercors…

Ces visites terminaient notre Rallye sur une note historique…

Merci à tous de votre sympathique participation ; et merci à tous ceux qui ont œuvré à l’organisation… Nous vous donnons rendez-vous dans deux ans, avec, nous espérons, un plateau plus fourni et, peut-être, quelques nouveautés…

D’ici là continuez à bien rouler avec vos anciennes.

Sizairement vôtre,

Jean-Didier HANNEBERT-SIZAIRE

Les photos sont, en majorité d’Emmanuel

Les partenaires du Rallye : Syndicat des Coteaux d’Aix-en-Provence –– La Vie de l’Auto –– Crédit Mutuel

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